Robert Capa : L’homme qui jouait avec la vie PDF

Je n’ai pas vu ce film, et ne connais pas la réalisatrice. Robert Capa : L’homme qui jouait avec la vie PDF ne puis émettre d’opinion sur la qualité du film.


 » Il me semble vraiment que Capa a prouvé sans le moindre doute que l’appareil photo n’est pas forcément un ustensile froid et mécanique. Comme le stylo, il vaut ce que vaut son utilisateur. Il peut être le prolongement de l’esprit et du cœur  » (John Steinbeck)
Robert Capa est l’un des plus grands photographes du XXe siècle, dont il aura couvert les grands conflits : de la guerre d’Espagne aux prémices de celle du Vietnam. Il est le seul reporter à avoir débarqué sur Omaha Beach, le 6 juin 1944. Sa mort, à l’âge de quarante et un ans, met un terme à une carrière remarquable et à une existence de Casanova moderne : à la fois élégant et brouillon, charmeur et culotté, Capa pouvait se vanter (et il ne s’en privait pas) d’avoir collectionné les plus belles femmes de son temps – parmi lesquelles Ingrid Bergman – et de compter Ernest Hemingway, Henri Cartier-Bresson ou encore John Huston comme amis. Ce juif hongrois, nomade par choix, reste la figure légendaire du photo-journalisme. Il est l’un des cofondateurs de l’agence Magnum. Capa a traversé la vie en funambule, multipliant les risques pour respecter sa règle n° 1 : approcher l’événement d’aussi près que possible. La biographie d’Alex Kershaw respecte, elle aussi, cette règle.

Mais cette sortie me donne une occasion de mettre en ligne un document qui mérite l’effort de sa lecture. J’ignore si c’est un document historique qui a déjà été publié ou non. Sa source est sure, il provient des archives d’une organisation syndicale policière à présent dissoute, qui disperse ses archives. Je vous préviens, il est glaçant. On a coutume de dire que le crime contre l’humanité qu’a constitué l’extermination des juifs en Europe au cours de la Seconde guerre mondiale est unique en ce qu’il est un crime administratif.

Ce n’est pas l’oeuvre d’un fou, car un fou seul n’aurait pas pu tuer autant en aussi peu de temps. C’est un crime commis à l’aide de la machine administrative, froide, efficace, organisée et insensible. Le document est un pdf, c’est une photocopie de photocopie d’une copie faite au carbone d’un document vieux de 70 ans, d’où sa piètre qualité. Grâce à la gentillesse et à la disponibilités de mes lecteurs, vous trouverez une retranscription de la circulaire ci-dessous, qui respecte dans la mesure du possible la mise en page originale.

Seule la page 4 a dû être retranscrite au format pdf, il s’agit d’un tableau, qui cause des problèmes d’affichage selon la taille de l’écran du lecteur. Je n’ai aucun droit de propriété intellectuelle sur ce document, et vu sa nature et son ancienneté, il est libre de droit. Vous pouvez copier le fichier, et en faire ce que vous voulez. La retranscription suivra ce statut et pourra être librement recopiée. Un dernier mot : il est devenu très à la mode de se lancer à la figure cette période terrible que fut l’Occupation pour insulter son adversaire politique.

Je vous remercie de ne pas profiter des commentaires pour faire des parallèles abjects entre une politique menée aujourd’hui, notamment en matière d’immigration -et vous savez combien je suis volontiers critique sur la question- quelle que soit l’indignation que vous pouvez ressentir à ce sujet. Ces prolégomènes seront terminés dès que j’aurai précisé que je publie ce document sans la moindre arrière pensée politique. C’est un document qui mérite d’être public, et internet me fournit l’outil pour vous le livrer tel quel. 173-42 de la préfecture de police du 13 juillet 1942, c’est-à-dire les instructions officielles données à la police, par la voie hiérarchique, pour la réalisation de ladite Rafle du Vel’d’hiv. Publique et des Circonscriptions de Banlieu. Les Autorités Occupantes ont décidé l’arrestation et le rassemblement d’un certain nombres de Juifs étrangers. Les enfants de moins de 16 ans seront emmenés en même temps que les parents.