Qu’est-ce que le commandement ? PDF

Qu’est-ce que le commandement ? PDF pour votre collaboration et votre patience. Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. Martin Luther en 1528 par Lucas Cranach l’Ancien.


Les philosophes et les historiens ont réfléchi sur la question de l’obéissance, sur les raisons pour lesquelles les hommes obéissent, mais se sont rarement demandé ce qu’était le commandement et pourquoi les hommes commandent. Anticipant sur une recherche plus vaste actuellement en cours d’élaboration, cette conférence pose le problème du commandement à partir de sa forme linguistique, l’impératif. Que faisons-nous lorsque nous disons : « Marche ! », « Parle ! », « Obéis ! » ? Comment se fait-il que l’impératif semble être, selon les linguistes, la forme originelle du verbe ? Pourquoi Dieu, dans toutes les religions, parle-t-il toujours à l’impératif et pourquoi les hommes s’adressent-ils à lui en employant le même mode verbal (« Donne-nous notre pain quotidien ! ») ? En cherchant à répondre à ces questions, Giorgio Agamben montre que, dans la culture occidentale, qui se croit fondée sur la connaissance et la fonction de vérité, le commandement, qui ne peut être ni vrai ni faux, remplit une fonction d’autant plus décisive et centrale qu’elle est plus dissimulée et moins saisis sable.

Préoccupé par les questions de la mort et du salut qui caractérisent le christianisme du Moyen Âge tardif, il puise des réponses dans la Bible, particulièrement dans l’épître de Paul aux Romains. Il est accueilli par son ami l’électeur de Saxe Frédéric III le Sage au château de la Wartbourg, où il compose ses textes les plus connus et les plus diffusés. Luther adopte vers la fin de son existence une attitude de plus en plus judéophobe. Son père, paysan d’origine, devient mineur dans une mine de cuivre de la région de Mansfeld, puis exploitant d’une mine de cuivre et d’une fonderie, ce qui lui permet d’acquérir le statut de bourgeois puis de magistrat. Il envoie Martin suivre ses études primaires et secondaires dans les écoles latines de Mansfeld, puis à Magdebourg et à Eisenach. En 1501, à l’âge de dix-huit ans, il entre à l’université d’Erfurt, où il obtient un diplôme de bachelier en 1502 et une maîtrise en 1505. Cependant, la philosophie lui semble insatisfaisante, prometteuse quant à la raison mais sans rapport avec l’amour de Dieu.

Plus tard, il attribuera cette évolution à un événement : le 2 juillet 1505, il retournait à cheval à Erfurt après un congé dans sa famille. Pendant un orage, la foudre frappa près de lui. Sainte Anne, sauve-moi et je me ferai moine ! Il en vient à considérer son appel à l’aide comme une promesse qu’il ne pourra briser. Un ami impute cette décision à la douleur de Luther lors de la perte de deux de ses amis.

Certains font remonter les idées réformatrices de Luther à un séjour qu’il a fait à Rome en 1510-1511 pour les affaires de son ordre. Ce n’est apparemment pas le cas, et les abus ecclésiastiques de l’époque ne semblent pas l’émouvoir outre mesure. Luther en arrive à se dire que l’homme doit accepter son état de pécheur et qu’il est fatalement imparfait devant Dieu, ce qui n’empêche pas la pénitence. Thèses de Wittemberg, sont imprimées à la fin de l’année. Il s’insurge contre l’instauration de dogmes tels que celui du Purgatoire. Luther est dénoncé à Rome par l’archevêque Albrecht. Luther la brûle en public et rompt avec l’Église catholique, en 1521.

Un an plus tard commence contre lui un long procès qui aboutira à son excommunication. Le nouvel empereur est âgé de 19 ans. Face à Martin Luther, Rome choisit l’affrontement, méconnaissant l’adversaire et sa pugnacité, et sans doute aussi la situation politique allemande. En octobre 1518, Martin Luther est convoqué à Augsbourg, où le cardinal Cajetan, nonce apostolique, est chargé d’obtenir sa rétractation. Luther réagit en brûlant, le 10 décembre, à la fois la bulle papale et le droit canonique.

Reste maintenant à mettre Luther au ban du Saint-Empire, ce qui ne peut se faire qu’après accord des États de l’Empire. Votre Majesté sérénissime et Vos Seigneuries m’ont demandé une réponse simple. La voici sans détour et sans artifice. Sa mise au ban de l’Empire est alors prononcée.

Luther est mis au ban de l’Empire, ce qui signifie que n’importe qui peut le mettre à mort impunément. Hund von Wenkheim, Frédéric III le met à l’abri dans le château de la Wartbourg, près d’Eisenach. Luther y demeure jusqu’au 6 mars 1522 sous le pseudonyme de chevalier Georges. La Réforme se répand dans les principautés voisines, façonnant une sorte d’unité allemande que Charles Quint ne peut combattre, empêtré qu’il est dans ses guerres contre la France. Lors de la diète de Spire, en avril 1529, le souverain tente de reprendre les choses en main, mais il se heurte à six princes et quatorze villes qui protestent d’en appeler à un concile si Charles Quint veut revenir à l’édit de Worms. Les détracteurs de Martin Luther lui ont souvent fait grief de ce soutien des princes en lui reprochant d’avoir instauré une religion qui n’est pas celle du peuple. Initiateur d’une quête théologique personnelle, préférant l’augustinisme à la scolastique, axée sur l’Écriture et la figure majeure du Christ, et mettant l’accent sur le salut par la foi, excommunié, Martin Luther se retrouve de facto à la tête d’un grand mouvement religieux qu’il lui faut organiser rapidement pour éviter tout débordement.