Premier de cordée PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Cet article est une ébauche concernant la littérature française et la premier de cordée PDF. Premier de cordée paraît d’abord sous forme de feuilleton dans la  Dépêche Algérienne  au début de l’année 1941, le manuscrit est envoyé chez l’éditeur grenoblois Arthaud en septembre de la même année.


Après la mort tragique de son père, foudroyé lors d’une course sur le Mont-Blanc, Pierre répond à l’appel de la montagne et organise une expédition pour retrouver son corps. Mais il se met à souffrir du plus redoutable des maux pour un alpiniste : le vertige. Courageux, Pierre décide malgré les dangers d’être premier de cordée. Parviendra-t-il à affronter ses peurs ?

«Une gêne insurmontable l’envahit; son regard se détourne de l’à-pic qui fuit; il bute, fait un faux pas et se raccroche nerveusement à son piolet. Il s’arrête, le front moite de sueur; la peur, une peur atroce s’empare de lui.»

Pierre se découvre une vocation : il sera premier de cordée en haute montagne, mais saura-t-il surmonter ses peurs ?

Pierre se destinait à l’hôtellerie, jusqu’au jour où son père, célèbre guide de haute montagne, meurt foudroyé lors d’une course sur le Mont-Blanc. Pierre répond à l’appel de la montagne, il organise une expédition pour retrouver le corps de son père. Mais il souffre du plus redoutable des maux pour un alpiniste : le vertige. Pourtant, il ne recule pas devant le danger et décide d’être premier de cordée, envers et contre tout.

Roger Frison-Roche
L’auteur est né en 1906 et mort en 1999. Il a écrit une trentaine d’ouvrages, publiés aux éditions Arthaud et Flammarion. Il fut d’abord guide de haute montagne, puis journaliste et écrivain.

Raphaël Gauthey
L’illustrateur est né à Paris et vit à Lyon. Il a suivi les cours de l’École Emile Cohl et a travaillé comme infographiste pour des jeux vidéo. Il se consacre désormais à l’illustration et à l’animation.

Premier de cordée parle d’un jeune homme, Pierre Servettaz, qui vit à Chamonix dans les années 1920-1930. Le garçon aimerait exercer la même profession que son père : guide de haute montagne. Mais son père Jean refuse qu’il prenne autant de risques. S’acharnant contre tout bon sens, il fait une terrible chute dans laquelle il manque de laisser sa vie. Quelques mois plus tard, après s’être remis de ses blessures, le docteur Coutaz lui annonce qu’il a le vertige, et qu’il ne peut plus retourner en montagne faire les grandes courses, chose qu’il refuse d’avouer, prenant ceci pour une conspiration de sa mère, qui craint qu’il ne retourne en montagne. Georges à la Clarisse rentre alors de l’hôpital de Genève, complètement remis, malgré la partie avant de ses pieds amputée. C’est alors qu’il admet avoir le vertige, et dit ne plus jamais vouloir repartir en montagne.

Joseph Ravanel est un guide de haute montagne, surnommé  le rouge  en raison de sa chevelure rousse, rebaptisé Joseph Ravanat, dans ce roman. Adapté à la télévision en 1999 : Premier de cordée réalisé par Pierre-Antoine Hiroz et Édouard Niermans. Rechercher les pages comportant ce texte. La dernière modification de cette page a été faite le 30 juin 2018 à 14:58.

Népal ou le président Kennedy avant de reposer sur la table du conseil des ministres, au temps du général de Gaulle. Gravement gelé aux mains et aux pieds en hissant le drapeau de la France sur l’Annapurna,  premier 8 000  de l’histoire, le 3 juin 1950, Maurice Herzog sut transfigurer une épreuve en triomphe, et ses blessures en trophées. Pourtant, à la lumière de documents exhumés dans les années 1990,  l’admirable conte de fées raconté par Herzog se transforma en fable suspecte. Herzog avait lissé l’histoire et capté toute la gloire au mépris de compagnons plus aguerris que lui, comme Lionel Terray ou Gaston Rébuffat, privés de sommet par sa conduite périlleuse et interdits de livrer leur propre témoignage durant cinq ans par une clause de l’expédition. De Jacques Balmat et Michel Paccard en 1786 sur le mont Blanc à Edmund Hillary et Tensing Norgay sur l’Everest en 1953, les premières ascensions de la quasi-totalité des sommets majeurs furent des œuvres collectives. Pierre Servettaz venait d’éprouver la satisfaction la plus complète qui puisse être réservée à un alpiniste, celle de marcher en premier de cordée. Pierre et Georges progressent en  réversible , à l’image de beaucoup d’alpinistes dans les cordées non commerciales.

Chacun passe en tête dans les passages où il se sent le plus à l’aise et peut alternativement se reposer sur son compagnon pour gagner en confiance. Georges retrouve ainsi de l’assurance en dépit des amputations qu’il a subies aux pieds, tandis que Pierre parvient à vaincre son vertige. Pierre Allain, l’un des pères de la grimpe moderne, inventeur du chausson d’escalade. Les valeurs universelles que peut évoquer l’alpinisme ne tiennent pas à une échappée du quotidien. Bien au contraire, son histoire s’écrit au cœur des tensions du monde contemporain, entre coopération et concurrence, altruisme et marché.

Mais cette compétition demeurait compatible avec la coopération nécessaire à la marche de la cordée et au sauvetage entre cordées, lorsque le temps se gâte ou le pied dérape. Sans hasard de calendrier, on a vu prospérer au cours des années Reagan-Thatcher un autre mode d’ascension, en solitaire, la projection verticale du culte du moi. Beaucoup d’alpinistes entrèrent alors dans le cercle infernal de l’exploit entraînant la reconnaissance individuelle, celle-ci suscitant l’attrait des commanditaires, leurs subsides poussant à réussir d’autres succès sans partage, le tout stimulé par des médias aussi gourmands de prouesses que de drames. Régie par l’avidité et l’accumulation aussi largement que peut l’être la fortune, la notoriété s’avéra pour eux pire guêpier.

Ses affabulations apparaissent d’autant plus tragiques que ce grimpeur suisse avait par ailleurs fait preuve de capacités bien au-delà du commun de ses pairs. Pour se distraire en inventant l’art de gravir les montagnes, les grands bourgeois britanniques achetèrent les services de  guides  locaux, une aubaine devenue rapidement un métier, avec ses codes. 70 000 euros par tête, assistée par des domestiques de haute montagne et une aide respiratoire qui réduit l’effort sur un  8 000  à celui d’un  6 000 . Les clubs alpins et de montagne s’inscrivent dans une tout autre démarche : l’apprentissage de l’autonomie et la résistance à la banalisation de la montagne. La matérialisation par une corde n’est pas indispensable à l’esprit de cordée. En témoigne l’essor du ski-alpinisme, qui consiste à remonter des pentes sauvages à l’aide de peluches antirecul, bien loin de l’univers consternant des stations. En s’encordant à des migrants mi-décembre près de Briançon pour éviter qu’ils meurent de froid, plusieurs centaines de montagnards ont voulu rappeler ce qui devrait relier les hommes au-delà de tout le reste.