Pour la désobéissance civique PDF

Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. En pratique : Quelles sources sont attendues ? La désobéissance civile est le refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent, tout en faisant de pour la désobéissance civique PDF refus une arme de combat pacifique. Il montre dans le Discours de la servitude volontaire que le pouvoir d’un État repose entièrement sur la coopération de la population.


Depuis qu’il a été projeté sur le devant de la scène publique par ses actions d’éclat, José Bové n’a cessé d’être interpellé sur le thème :  » Pourquoi n’allez-vous pas au bout de vos idées en les soumettant au vote des électeurs, en vous lançant dans la  » vraie « politique ?  » Cette question, à ses yeux, montre que beaucoup n’ont pas compris les ressorts et la logique de son action : pour lui, la politique ne se réduit pas aux élections, on peut aussi –; et surtout –; contribuer à changer le monde par la désobéissance civile. C’est cette incompréhension qui lui a donné envie, avec son vieux complice le journaliste Gilles Luneau, de rédiger cet essai qui retrace les grandes étapes de l’histoire mondiale de la désobéissance civile et explique son importance aujourd’hui : quand un gouvernement encourage les intérêts privés aux dépens de tous et de la Terre, quand la loi privilégie l’intérêt particulier au détriment de l’intérêt général, quand la justice participe à la construction d’un ordre sécuritaire, que peuvent faire les citoyens pour que le droit redevienne l’outil de préservation du bien commun ? Il ne leur reste plus qu’à désobéir, quel qu’en soit le prix, pour défendre la démocratie. Organiser pacifiquement la résistance à l’injustice. La désobéissance civique, c’est le fait d’assumer individuellement un acte illégal qui s’inscrit dans une aspiration collective : de Gandhi aux arracheurs d’OGM en passant par les femmes avortées et les déserteurs, elle est un acte politique qui oppose la légitimité à la légalité. Pour ses partisans, la désobéissance civique, au-delà du courage de dire non, c’est déjà dire oui à l’approfondissement de la liberté.

Ainsi, dès l’instant où la population refuse d’obéir, l’État n’a plus de pouvoir. La désobéissance est illégale par définition, mais est en principe non violente. Il n’y a pas d’unanimité sur la définition de la désobéissance civile. John Rawls et Jürgen Habermas ont chacun une définition de la désobéissance civile. Selon Rawls :  La désobéissance civile peut être définie comme un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. Pour Habermas :  La désobéissance civile inclut des actes illégaux, généralement dus à leurs auteurs collectifs, définis à la fois par leur caractère public et symbolique et par le fait d’avoir des principes, actes qui comportent en premier lieu des moyens de protestation non violents et qui appellent à la capacité de raisonner et au sens de la justice du peuple. Six éléments sont donc caractéristiques d’un acte de désobéissance civile.

L’acte de désobéissance doit être une infraction consciente et intentionnelle, et il doit ainsi violer une règle de droit positif. Touchant cette question, il est intéressant de rappeler l’expérience réalisée par Stanley Milgram où le sujet de l’expérience consiste à mesurer la proportion des individus capables de démarrer un tel acte de désobéissance malgré la pression sociale ou administrative. Dans la désobéissance civile, la publicité vise à écarter tout soupçon sur la  moralité de l’acte , à lui conférer, en outre, une valeur symbolique ainsi que la plus grande audience possible afin que l’acte ait le plus grand retentissement pour modifier le  sentiment  ou la  conviction  de l’opinion publique. L’acte vise ainsi la plus grande médiatisation possible et peut rentrer dans une stratégie de provocation et d’agitprop. Fidèle à la ligne de Gandhi, ils voient dans la publicité une exigence qui veut que l’on communique à l’avance aux autorités compétentes les actions futures de désobéissance. L’acte de désobéissance s’inscrit par principe dans un mouvement collectif. Le désobéissant use généralement de moyens pacifiques.

La désobéissance civile vise à appeler aux débats publics et, pour ce faire, elle en appelle à la  conscience endormie  de la majorité plutôt qu’à l’action violente. C’est un des traits qui la distingue de la révolution, qui pour arriver à ses fins peut, potentiellement, en appeler à la force. Selon ses promoteurs, la désobéissance civile poursuit des fins novatrices. Elle vise l’ abrogation  ou tout au moins la modification de la norme contestée. La désobéissance civile fait appel à des  principes supérieurs  à l’acte contesté. C’est sans doute le trait le plus important de la désobéissance civile puisque c’est lui qui lui donne une certaine légitimité. Ces principes considérés supérieurs peuvent être religieux : ainsi, des membres du clergé ont souvent été des participants ou des dirigeants dans des actions de désobéissance civile.