Photographie et société dans l’Espagne de Franco, tome 3 : Les Sources de la mémoire PDF

La veille, le 23 octobre, à Hendaye près de la frontière hispano-française, Hitler avait eu une entrevue avec le général Franco dans le but d’entraîner l’Espagne dans la guerre. Les débats se déroulèrent dans la voiture personnelle du Führer, après une poignée de main échangée sur photographie et société dans l’Espagne de Franco, tome 3 : Les Sources de la mémoire PDF quai de la gare entre lui et Pétain. Aucun compte rendu officiel de ces débats ne fut publié, mais on sait que seul le principe de la collaboration fut établi sans qu’aucun engagement fût pris d’aucune part.


Pétain s’efforça de montrer qu’une nouvelle ère s’ouvrait pour la France : de nation vaincue, elle devait selon lui accéder à un statut respectable en devenant le partenaire du vainqueur, dans le cadre du nouvel ordre européen dicté par l’Allemagne nazie. Montoire a par la suite pris une dimension symbolique comparable à l’appel du 18 Juin du général de Gaulle. La gare de Montoire-sur-Loir fut choisie pour sa proximité de la ligne Paris-Bordeaux-Hendaye. Allemagne et en Europe occupée mais qui n’y sera jamais installé. Pétain a clairement accepté le principe de la collaboration dans l’esprit d’un dialogue  entre soldats , Hitler et lui étant des vétérans de la Première Guerre mondiale. Ce dialogue de  frères d’armes  devait selon lui préparer les conditions définitives de la paix entre l’Allemagne et la France. Pétain lors de l’entrevue de Montoire était la collaboration militaire avec les forces de l’Axe en faisant participer l’armée de Vichy à une action militaire anti-britannique en Afrique.

Uniquement en Afrique pour défendre l’empire, pas à titre général. Il avait pris contact avec le gouvernement français pour éclaircir jusqu’à quel point la France était disposée à entrer dans cette communauté . C’est à cette demande que Pétain ne répondit pas, différant sa réponse selon le PV de la réunion. Jamais Pétain ne fera état de la demande d’Hitler que la France entre en guerre contre la Grande-Bretagne et à laquelle il ne donnera pas suite. Cependant, bien qu’à Montoire Hitler n’ait rien répondu à la proposition de Pétain, il a fait quelques concessions afin d’encourager la collaboration militaire de Vichy.

Pierre Laval, alors ministre des Affaires étrangères, propose quant à lui des ouvertures concrètes aux Allemands. Il dénonce l’alliance de la France avec la Grande-Bretagne, dont il souhaite publiquement la défaite. France sa dignité et sa place dans une Europe  nouvelle , définitivement dominée par les nazis. Pour Hitler, l’enjeu de la rencontre de Montoire était tout autre. Il considérait la collaboration comme un atout tactique et stratégique : aide purement ponctuelle et purement militaire, elle devait aider l’Allemagne dans la perspective du conflit en cours avec la Grande-Bretagne et du projet d’invasion de l’URSS. Vichy s’opposera fermement à toute tentative de mainmise des gaullistes et des Anglais sur l’Afrique du Nord. Ces divergences insurmontables expliquent pourquoi l’entrevue ne déboucha sur aucun accord concret, sur aucun programme d’action.