Mieux peindre à l’huile PDF

Mieux peindre à l’huile PDF cesse Hantaï a cherché à être lui-même, étonné par sa propre peinture. 130 toiles rassemblées ici par Dominique Fourcade, Isabelle Monod-Fontaine et Alfred Pacquement.


La peinture à l’huile est sans conteste le matériau de prédilection des grands maîtres, et ce depuis le milieu du WUH siècle où elle fut mise au point. C’est pour cette raison sans doute que le non-initié l’imagine parfois difficile. En réalité, une fois quelques règles de base assimilées, elle se révèle d’autant plus aisée à manier qu’elle est onctueuse et sèche lentement, ce qui permet à l’artiste de travailler et de retravailler la matière picturale, de combiner empâtements vigoureux et glacis subtils sur une même toile. Opaque, pouvant être grattée même après séchage, elle permet toujours les repentirs. À ces qualités techniques, s’ajoutent une palette, aux couleurs très riches et solides, et une stabilité qui assureront la pérennité de l’oeuvre. Mieux peindre à l’huile constitue un guide de référence des matériaux, des techniques et des styles. L’ouvrage décrit à la fois les pratiques traditionnelles et les tendances contemporaines. Les grandes thématiques sont passées en revue à travers les oeuvres des maîtres du passé et d’artistes contemporains.

Comme le résume Dominique Fourcade dans le catalogue, avec cette rétrospective,  il s’agit d’ouvrir avec humilité cette œuvre à elle-même, comme un sujet qui s’est longtemps ignoré et qui ne sait toujours pas combien il est cohérent, violent et magnifique . Simon Hantaï entreprend des études artistiques à l’École des Beaux-arts de Budapest. Zsuzsa en faisant un grand détour par l’Italie. Hantaï fréquente le cercle des Hongrois, comme lui exilés, puis entre en contact avec les Surréalistes. En 1953, André Breton organise sa première exposition personnelle à Paris, à la Galerie L’Étoile Scellée.

Son travail commence à être reconnu. Mais, rapidement, il s’émancipe de l’esthétique surréaliste, rompt avec Breton en 1955 et se choisit d’autres mentors, Georges Mathieu et surtout Jackson Pollock dont il admire l’œuvre découverte en 1951, lors de la première exposition de l’Américain à Paris. Parallèlement, il se lie d’amitié avec Judit Reigl, compatriote ayant fui Budapest, mais aussi Joan Mitchell et Sam Francis installés en France. Galla Placidia, puis en 1960 avec l’invention du  pliage comme méthode . Toute la suite en découlera, jusqu’en 1982 où, avec son refus de poursuivre son œuvre, une autre vie commence pour lui. Parmi les premières peintures réalisées peu après l’arrivée du peintre à Paris, Les Baigneuses est une œuvre singulière, avec ses couleurs tendres, ses figures flottant sur de grands aplats bleus et verts, et surtout par l’alliance de ses influences picturales a priori éloignées les unes des autres.

Depuis Cézanne, le thème des baigneuses est devenu un motif propice au libre agencement des couleurs et des formes. Mais plutôt que par Cézanne ou Matisse, qu’il connaît encore peu à l’époque, la fraîcheur de ce tableau lui a sans doute été inspirée par le périple en Italie. Il est influencé par la peinture médiévale siennoise, les fresques de Giotto à Padoue et, surtout, par les mosaïques de Ravenne. Voir les mosaïques paléochrétiennes de Ravenne sur le site de l’UNESCO. Durant ses premières années parisiennes, Hantaï se rapproche des Surréalistes dont il a pu connaître les expérimentations en Hongrie, tant elles ont eu de répercussions internationales. Hantaï développe cette pratique gestuelle pendant quelques années, jusqu’à se libérer aussi de l’expressionnisme de Pollock. Dans les toiles réalisées autour de 1958, Hantaï associe au geste des petites touches qui peu à peu vont l’évincer, au profit d’un autre moyen de couvrir la toile : l’écriture.

Pendant un an, à partir de la fin de l’année 1958, Hantaï les peint en effet simultanément, l’une le matin et l’autre l’après-midi. Il recouvre la première d’une fine écriture à peine lisible, transcription de textes religieux, esthétiques, philosophiques qui constituent son univers spirituel de l’époque, appliquant sur la seconde une couche de peinture noire qu’il racle avec son  outil-réveil . Luther, une croix grecque et une étoile de David. Désormais, le résultat de son travail comporte une part d’aléatoire et de surprise pour son regard momentanément suspendu. Les premières toiles ainsi réalisées sont plus précisément froissées, les parties accessibles étant recouvertes d’une unique couleur. Puis, une fois dépliées, les parties restées en réserve sont peintes à leur tour d’un ton généralement plus neutre qui contraste avec la vivacité de la première couche de couleur et procure à l’ensemble un aspect de vitrail.