Manger au Moyen Age PDF

Peut-être avez-vous remarqué le retour du non-style: jeans délavés, polaires et baskets manger au Moyen Age PDF. Derrière cela se cache un concept. Une des images représentatives du «normcore», tel que publié dans le NY Mag. A force de chercher la singularité, ils ont atteint une nouvelle frontière.


Qu’avons-nous dans notre assiette? Cette question est devenue lancinante depuis la maladie de la vache folle, avec son pendant: comment nos ancêtres se nourrissaient-ils? Au Moyen Age, deux traditions culinaires se rencontrent; la cuisine antique, romaine, qui repose sur le pain, le vin et l’huile « barbare », germanique, fondée sur la viande et l’élevage se mélangent. Elles fusionnent pour créer une alimentation et des préparations originales, propres à l’Europe. Bruno Laurioux explore cette cuisine, il s’intéresse à la qualité des mets, révèle les façons de manger et de cuisiner selon l’appartenance sociale et l’origine régionale. Ces variations s’expliquent par la diversité des climats, des sols et des structures économiques, et la diversité bien réelle des goûts. Dans ce monde disparu, la production de nourriture a encore quelque chose à voir avec la nature. Mais cette nature est déjà travaillée, cultivée, marquée par les goûts du monde médiéval qui ne sont pas les nôtres: plats épicés et plats colorés dominent les tables et les repas, ils modèlent les palais. En effet, c’est le grand apport du livre que de faire vibrer les papilles en contant: les goûts perdus du Moyen Age.

Un horizon lointain, totalement exotique: la normalité. Ainsi est le normcore, une esthétique de la normalité, un refus apparent de la mode au nom d’un retour à l’âge pré-adolescent où le vêtement n’était pas encore un enjeu social. Le normcore, c’est la distinction hipster qui devient indistinctive. Le normcore a explosé à la face du monde à l’occasion d’un article du New York Mag publié le 26 février.

La journaliste Fiona Duncan part d’un constat troublant: l’été dernier, en se baladant dans Soho, elle ne pouvait plus distinguer les jeunes branchés des touristes de la classe moyenne américaine. Les deux sont habillés pareils, dans un parfait non-style: jeans délavés, polaires et baskets lâches. Cette «fadeur stylisée» et «consciente d’elle-même», c’est le normcore. Jerry Seinfeld et Steve Jobs deviennent subitement des icônes de mode, et François Hollande lui-même peut entretenir quelque espoir.

Les grosses polaires Patagonia, les New Balance les plus banales, les chaussettes de tennis blanches Nike et les sandales Birkenstock retrouvent une place dans les magazines de mode. Dans la foulée de l’article du New York Mag, le magazine GQ publie les 10 essentiels du normcore. Le Guardian s’interroge: est-ce la future grande mode? 27 Février 2014Un buzzword est né. Comme toujours avec ces mots surgis de nulle part, il est difficile de distinguer s’ils recoupent exactement une tendance ou si c’est le mot lui-même, par sa perfection formelle, qui génère cette tendance. C’est souvent un peu des deux. Le normcore, critiqué comme étant le «dernier délire hipster» ou un concept carrément puant, part d’une réflexion qui ne manque pas d’intérêt.