Livres en feu: Histoire de la destruction sans fin des bibliothèques PDF

Dans le langage populaire, ce terme est devenu presque synonyme d’une exécution publique d’hérétiques par le feu. Ce glissement de sens est dû au fait livres en feu: Histoire de la destruction sans fin des bibliothèques PDF les condamnés relaps ou refusant de se rétracter étaient remis par l’Inquisition aux mains des autorités civiles, qui, parfois, les envoyaient au bûcher.


Détruire la bibliothèque est un geste qui remonte à la plus haute Antiquité. Les autodafés, apparus en même temps que les livres, se multiplient à proportion du nombre d’ouvrages. Considérée comme subversive ou au contraire comme le symbole du pouvoir absolu, la bibliothèque est au centre des crises et des conflits. Bien souvent, elle n’y survit pas. De l’incendie d’Alexandrie à celui de Sarajevo en 1992, en passant par Rome, Ctésiphon, Bagdad, par les méfaits de l’Inquisition, par la Révolution française ou la Commune, Lucien X. Polastron déploie une singulière érudition sur ce terrain encore peu exploré. Il mène l’enquête sur les causes du désastre, reconstitue les trésors perdus, part sur les traces des volumes rescapés. Attaque en règle contre le support papier, convoitises pharaoniques sur l’information numérisée… les dangers d’aujourd’hui sont-ils pires que les grands malheurs vécus par les bibliothèques ? Le rêve de la bibliothèque absolue vire-t-il au cauchemar – celui entrevu par Bradbury, Huxley ou Orwell ?

Autodafé  est aussi couramment utilisé pour caractériser la destruction publique de livres ou de manuscrits par le feu. L’Autodafé du 21 mai 1559 à Valladolid, gravure de Jan Luyken. Les tribunaux inquisitoriaux instituèrent des sortes de  jurys . De nombreux morisques, musulmans contraints de se convertir au christianisme, ont été condamnés à être brûlés vifs par l’inquisition espagnole de 1502 à 1750. Il leur était reproché de continuer à pratiquer dans le secret les rites de la religion musulmane. En 1499, l’inquisiteur Diego Rodrigues Lucero condamna à être brûlés vifs 107 juifs conversos, convaincus d’être en réalité des marranes, restés fidèles à leur ancienne religion.

Ce fut un des plus meurtriers autodafés du pays. L’exécution des accusés ne faisait pas partie de l’auto da fé et avait lieu lors d’une cérémonie ultérieure, normalement à l’extérieur de la ville, où la pompe de la procession principale était absente. Les principaux éléments de la cérémonie étaient la procession, la messe, le sermon à la messe et la réconciliation des pécheurs. Voltaire dans son conte philosophique Candide, répandront l’idée contraire. Seuls quatre codex mayas parviennent à réchapper du bûcher sacrificiel. Article détaillé : Autodafés de 1933 en Allemagne. Là où on brûle des livres, on finit aussi par brûler des hommes.