Le Macroscope. Vers une vision globale PDF

Cet article est une ébauche concernant le Macroscope. Vers une vision globale PDF science. L’approche systémique parfois nommée analyse systémique est un champ interdisciplinaire relatif à l’étude d’objets dans leur complexité. Le plus souvent les principes sont utilisés sans être nommés, voire sans être identifiés.


Le macroscopeQu’y a-t-il de commun entre l’écologie, le système économique, l’entreprise, la ville, l’organisme, la cellule ?Rien, si on se contente de les examiner avec l’instrument habituel de la connaissance, l’approche analytique. Beaucoup, si l’on dépasse cette démarche classique pour faire ressortir les grandes règles d’organisation et de régulation de tous ces « systèmes ». Pour l’auteur, l’instrument symbolique de cette nouvelle manière de voir, de comprendre et d’agir est le « macroscope », qui devrait être aussi précieux aujourd’hui aux responsables de la politique, de la science, de l’industrie, et à chacun de nous, que le sont le microscope et le télescope pour la connaissance scientifique de l’Univers.Joël de RosnayDocteur ès sciences. Écrivain scientifique. Futurologue. Ancien directeur des applications de la recherche de l’Institut Pasteur, ancien directeur de la stratégie de la Cité des sciences et de l’industrie, il est président exécutif de Biotics International et conseiller de la présidente de la Cité des sciences et de l’industrie.

Ces trois embranchements sont reconnus, mais on pourrait en dénombrer d’autres, et chacune de ces branches s’est développée indépendamment des autres et en interactions avec les autres. Pour représenter la complexité de ce que recouvre l’apparition de l’approche systémique, on peut identifier dans l’évolution des idées et des concepts des chemins qui balayent les différents domaines des sciences. Pour rendre compte de la complexité, la systémique impose l’appréhension concrète de concepts qui lui sont propres : vision globale, système, niveau d’organisation, interaction, rétroaction, régulation, finalité, évolution. Un savoir-être, à la fois, en tant que comportement de la personne qui agit pour penser le système, que du comportement du système lui-même, que du comportement à mettre en œuvre par les acteurs qui veulent mettre en œuvre ce  nouveau savoir-penser , cette nouvelle façon de se représenter un système. Le savoir-être se situe essentiellement dans un nouveau regard porté sur les systèmes humains. Le tout est, à la fois, plus et moins que la somme de ses parties. On ne peut connaître le tout et les parties sans les considérer dans leur ensemble.

Le tout est un ensemble non réductible à la somme de ses éléments du fait des interactions multiples et variées qui le parcourent. On peut donc le considérer comme une globalité et non comme une totalité. La notion d’interaction déborde largement la simple relation de cause à effet. Initialement empruntée à la mécanique où l’interaction se réduit à un jeu de forces, la relation entre constituants se traduit souvent dans les systèmes complexes, par un rapport d’influence ou d’échange portant sur des flux de matière, d’énergie et d’information.

Une observation attentive montre que les échanges et les comportements, souvent spontanés et inconscients, sont en fait structurés et se répètent. Ces répétitions, appelées « redondances interactionnelles » par l’École de Palo Alto, correspondent bien aux interactions récurrentes, caractéristiques de l’organisation d’un système. Leur identification permet d’accéder à la partie stable de sa complexité. Avoir un regard systémique consiste ici à se centrer sur la structuration des contenus. Deux définitions peuvent en être données, celle de Jacques Lesourne « Un système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique.

Joël de Rosnay « Un système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisé en fonction d’un but. La notion d’organisation « en fonction d’un but » est toutefois inadaptée aux systèmes sociaux, qui acceptent une pluralité de buts souvent contradictoires, comme le montre Karl E. Elle matérialise son organisation, souvent hiérarchisée selon plusieurs niveaux. Les niveaux d’organisation permettent d’ordonner les données ce qui en facilite l’examen. La confusion des niveaux ou l’appréhension du problème à un niveau inadéquat sont des erreurs qui handicapent la compréhension.

Il faut d’abord être capable de définir un niveau d’organisation avec des critères « invariants, itérables et transposables ». L’information circulante, indissociable des flux périssables de matière et d’énergie, est présente en permanence dans les échanges, entre et au sein des systèmes. Selon la définition restrictive de J. Face à un « objet » à modéliser, le modélisateur se doit de se poser la question « pour quoi faire ? Pour les systèmes mécaniques, tous conçus et fabriqués par les hommes, on parle d’utilité. Cette position dominante d’une finalité qui structure le système ne doit pas faire oublier la pluralité de finalités inhérente à tout système social. Car cette pluralité est susceptible de créer des tensions à l’intérieur du système voir de déstructurer le système ou de renverser son ordre de priorités.

La ré-injection sur l’entrée des résultats de la sortie contribue à faciliter et à amplifier la transformation en cours. Si la rétroaction est efficace, il y a stabilisation du système qui se montre comme étant finalisé, c’est-à-dire  tendu vers la réalisation d’un but . Certaines boucles, observées dans les systèmes vivants ou sociaux, peuvent se montrer aussi bien positives que négatives, sans que l’on puisse prévoir le moment de ce changement. Des stratégies sociales, bien connues de certains managers et hommes politiques qui les appliquent intuitivement, consistent  à combiner une chose et son contraire . L’ago-antagonisme est présent en permanence dans la communication inter-humaine et est à la base du  pilotage  de tous les systèmes sociaux. L’existence de rétroactions rend difficile la distinction entre l’effet et la cause d’un phénomène au sein d’un système.