La revanche des misogynes PDF

Femmes françaises accusées de collaboration tondues la revanche des misogynes PDF de l’épuration à la Libération en France, Paris, été 1944. Les femmes tondues sont les femmes qui ont subi, à l’issue ou lors d’un conflit majeur, diverses humiliations, dont la tonte de leur chevelure, de la part de compatriotes indignés de leur comportement, allant de la proximité professionnelle à la collaboration ouverte, en passant par des relations sexuelles volontaires avec les soldats ennemis. Les brus du roi Philippe Le Bel, convaincues d’adultère ont été tondues. Par l’ordonnance contre les Roms du 11 juillet 1682, Colbert condamne, en-dehors de tout délit, les hommes aux galères à perpétuité et les femmes à être tondues.


Symboliquement, outre l’humiliation, la violence faite aux femmes au niveau du pouvoir séducteur de leur chevelure correspondrait à une réappropriation de leur personne par la communauté nationale, en leur infligeant une marque publique en même temps qu’une forme de purification. Enfin, la tonte est un châtiment visible plusieurs mois. Quand on arrivait dans ces pays-là, ils réglaient leurs comptes, de vieilles querelles du temps des Allemands. Première Guerre mondiale, un soldat français, Ephraïm Grenadou, témoigne dans ses mémoires de tontes effectuées dans les départements du Nord, récemment libérés. Les premiers cas de femmes tondues en public sont relevés dans l’Allemagne de Weimar, au début des années 1920. La tonte concerne toutes les femmes qui se rattachent au camp républicain : on compte ainsi facilement des dizaines de femmes tondues dans un village, le plus souvent des célibataires.

La tonte du crâne s’accompagne parfois de la tonte de la toison pubienne, équivalente selon la psychanalyse. Les reproches faits à ces femmes, souvent engagées politiquement, leur dénient toute conscience politique autonome. D’une part, il leur est reproché d’avoir engendré des Républicains, d’avoir laissé le  virus  marxiste s’insinuer à travers elle dans leur progéniture, de n’avoir pas tenu leur rôle traditionnel d’éducatrice selon les normes catholiques. Leur sexualité est jugée extrêmement négativement et largement fantasmée : assimilées à des prostituées, on les accuse d’infidélité, de pornographie, de bestialité. Dépourvues de leur chevelure, elles perdent leur pouvoir de séduction, et retournent à l’ordre masculin. Après la guerre, les tondues ont été assignées à résidence, avec visite obligatoire et régulière au commissariat, où on les retondait régulièrement, ce qui les désignait comme les éléments indésirables au sein de la société fasciste espagnole. Mais les solidarités républicaines subsistèrent après la fin de la guerre, et poussèrent les franquistes à déporter les tondues des Asturies dans des bastions conservateurs.

Pour qui sonne le glas commence de cette façon :  Elle a un beau visage, pensa Robert Jordan. L’ordonnance nazie du 30 janvier 1940 qui interdit les relations sexuelles entre femmes aryennes et non-aryens prévoit la tonte comme moyen de répression. Par une circulaire du 13 octobre 1941, Martin Bormann a interdit ce genre de punition publique. Les tondues les plus connues sont celles des pays d’Europe occidentale, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, dès avant la période de la Libération et jusqu’à la fin de la guerre.