La Galerie de peinture de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne PDF

Egon, la famille Schiele loge dans un immeuble situé près de la gare de Tulln. Le père, la Galerie de peinture de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne PDF à Vienne, est chef de gare.


La Galerie de peinture de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne est digne d’autres grandes collections européennes comme la Pinacoteca di Brera de Milan ou la Galleria dell’Academia de Venise. L’institution muséale doit son existence et la qualité de sa collection à la générosité de ses mécènes. En 1822, le comte Lamberg-Sprinzenstein fit de l’Académie des Beaux-Arts le légataire de sa collection constituée de quelque huit cents peintures, et c’est ainsi que des œuvres majeures de Bosch, de Rubens, de Rembrandt et de Guardi rejoignirent la collection. Le comte avait toutefois soumis le legs à une condition : que le grand public ait accès aux œuvres. Depuis sa création, la collection s’est enrichie d’œuvres présentées au jury d’admission de l’Académie, ainsi que d’œuvres lauréates des prix attribués par cette dernière. Ainsi se constitua au fil des ans une collection inestimable d’œuvres majeures couvrant diverses périodes de la peinture européenne du XVe au XIXe siècle, dont le présent ouvrage présente les joyaux.

Son propre père, pionnier de la construction des chemins de fer, avait participé à la réalisation de la ligne ouest entre Prague et Cheb. Dès l’enfance, Egon Schiele marque un vif intérêt pour le dessin, auquel il s’exerce régulièrement. Sa scolarité se déroule successivement à l’école primaire de Tulln, au collège de Krems an der Donau et au lycée de Klosterneuburg. Dès 1905, année de la mort de son père, il exécute ses premières peintures, notamment des autoportraits. Son oncle, ingénieur et inspecteur supérieur des Chemins de fer d’État, devient alors son tuteur. S’appliquant à respecter les intentions du père d’Egon, il tente, sans succès, d’orienter le jeune garçon vers une carrière dans les chemins de fer, à l’École Polytechnique supérieure. Cependant, avec l’accord de sa mère et l’appui de son professeur de dessin, Schiele entre en 1906 à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne.

Il y apprend la peinture générale auprès du professeur Christian Griepenkerl, peintre académique conservateur. Arthur Roessler, critique d’art du Journal ouvrier, qui devient durant les années suivantes son principal protecteur. 17 ans, il rencontre en 1907 Gustav Klimt, alors âgé de 45 ans, en qui il reconnaît son modèle et maître spirituel. L’admiration est réciproque entre les deux artistes. L’année 1909 voit la première participation de Schiele à une exposition publique, à Klosterneuburg.

Ce dernier dirige alors l’Atelier d’art de Vienne, fondé en 1903, visant au soutien des arts et de l’artisanat, pour lequel travaillera Schiele, en 1909 et 1910. Rear view of a Female Half-Nude with Clothe. Il adhère en 1911 au groupe Sema de Munich, auquel appartiennent déjà Paul Klee et Alfred Kubin. Il rencontre, en 1911, une jeune femme à la réputation sulfureuse, Wally Neuzill, déjà modèle de Klimt, qui devient son propre modèle et sa compagne.

L’accueil de l’artiste n’y est guère plus ouvert : la profusion des dessins à caractère érotique de Schiele, couplée à des soupçons de détournement de mineurs à son encontre, conduisent à son arrestation en 1912. Il passe vingt et un jours en détention provisoire. Une centaine de ses peintures, majoritairement des nus, sont confisquées par le tribunal départemental. L’une de ses œuvres les plus célèbres de cette époque est Le Cardinal et la Nonne, paraphrase expressionniste, provocatrice, du Baiser de son aîné, Gustav Klimt. En 1913, Schiele rompt avec Wally Neuzill et voyage en Carinthie et à Trieste.

Il loge quelque temps chez sa mère à Vienne, avant de trouver un atelier sur la Heitzingerstrasse, au no 101, où il travaille jusqu’en 1918. La renommée de Schiele s’accroît progressivement hors d’Autriche. En 1913 et 1914, il participe à de nombreuses expositions internationales : Budapest, Cologne, Dresde, Munich, Berlin, Düsseldorf, Bruxelles, Paris et Rome. Il est exposé pour la première au pavillon de la Sécession.

Entre 1913 et 1916, il publie ses œuvres et poèmes dans l’hebdomadaire berlinois, Die Aktion. Dès 1914, l’artiste se lie d’amitié avec les deux sœurs logeant en face de son atelier de la Heitzingerstrasse, Adèle et Edith Harms. Sur l’intervention de certains personnages reconnaissant son talent, il est dispensé du service armé, et fait son service de guerre dans l’administration. Il peut ainsi continuer de peindre, et d’exposer en Autriche, Allemagne, et Scandinavie.

Schiele exécute son portrait sur son lit de mort. Le dessin est très net, avec un trait marqué, énergique et sûr, parfois même violent. La connaissance du corps humain qu’a Egon Schiele est d’autant plus remarquable qu’il ne fait pas disparaître le squelette sous la chair, il le dessine dans la logique de ses mouvements et postures et lui donne ainsi trois dimensions, au lieu de deux, comme c’est souvent le cas chez d’autres artistes. Le trait marqué, les poses complexes générant une multiplication de lignes obliques, la chair comme tuméfiée des corps, les fonds parfois tourmentés, la provocation de certains nus, ont amené à rapprocher Schiele du courant expressionniste qui marque alors les pays germaniques.

Néanmoins, le peintre ne recherche pas systématiquement la stridence de la couleur comme le font ses collègues allemands. L’œuvre de Schiele occupe également une place essentielle dans l’histoire des relations entre art et érotisme. Enfin, il faut souligner la part allégorique de l’œuvre de Schiele. Schiele se représente avec sa femme et son enfant, alors même qu’il n’est pas encore père et ne le sera jamais, car lui, comme sa femme enceinte, peu de temps avant, meurent de la grippe espagnole. Ce tableau non achevé sera son dernier. Schiele a fait près d’une centaine d’autoportraits se représentant parfois nu, avec un visage desséché et tourmenté, ou affligé d’un strabisme impressionnant, allusion humoristique à son nom de famille : en effet, le verbe  schielen  signifie loucher en allemand, et nombre de critiques hostiles à son art n’hésitaient pas à en faire des jeux de mots.