L’art de jouir (Figures) PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Le Verrou est une scène galante peinte par Jean-Honoré Fragonard en 1777. L’interprétation commune suggère que la scène représente deux amants l’art de jouir (Figures) PDF dans une chambre à coucher, l’homme poussant le verrou de la porte. Elle y côtoie quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre picturaux de la même époque, selon un parcours organisé chronologiquement.


Les philosophes, c’est bien connu, n’aiment pas trop penser leur corps. On dirait que cela les gêne, perturbe leur réflexion. Mieux : dans le corps, le nez et le phallus semblent être les deux appendices auxquels la tradition philosophique réserve la plus mauvaise part. Pourquoi ? Tel est l’objet de ce livre érudit, merveilleux d’humour et de sagesse. Michel Onfray montre en effet comment le nez et le phallus sont, pour les philosophes – de Socrate à Kierkegaard – les symptômes d’une animalité haïssable et indigne. Taine, Sartre, Marc Aurèle, Kant et bien d’autres sont alors convoqués devant un tribunal affectueux. Chaque fois, leur frayeur est analysée du point de vue de l’anecdote ou de la biographie. Dans le même temps, Michel Onfray montre qu’il existe une autre tradition philosophique – celle qui va des hédonistes grecs à Sade, des cyrénaïques à Fourier – qui, elle, assume et glorifie le corps. C’est à cette tradition que Michel Onfray rend ici hommage.

François Boucher, l’un des maîtres de Fragonard et grand représentant de la peinture rococo. Réalisée pour ce collectionneur réputé et exigeant, cette peinture érotique, apparemment légère mais affirmant une ambition réelle, s’inscrit dans un ensemble de représentations amoureuses, parfois grivoises, et éminemment représentatives de l’esprit de la société française à l’heure où les Lumières vont bientôt vaciller. Jéroboam sacrifiant aux idoles, premier prix de Rome 1752. L’obtention de cette distinction permet à Fragonard de jouir d’une immense notoriété.

Le tableau, qui appartenait à la collection du marquis de Véri, nous est parvenu grâce à la gravure de Maurice Blot, qui avait, huit ans auparavant, réalisé une gravure du Verrou. Fragonard, les trois chapitres d’un roman dont les héros seraient les deux amants. Fragonard, pendant du Verrou, musée du Louvre, Paris. Cette toile, également commandée par le marquis, aurait été suggérée par Fragonard lui-même. S’ensuit une longue période où l’on perd la trace du tableau. Il aurait été proposé au musée du Louvre, en 1817, par Gabriel d’Arjuzon.

En 1922, Le Verrou est proposé à l’achat au musée du Louvre par l’expert en tableaux Georges Sortais. Le tableau passe alors de collection en collection. En premier lieu, celle de monsieur André Vincent. Paris, galerie Charpentier, le 26 mai 1933, no 21, la toile entre dans la collection Lebaron-Cotnareanu.

Paris, palais Galliéra le 21 mars 1969, no 166, l’œuvre est acquise par le marchand de tableaux anciens François Heim le 21 mars 1969 pour environ 50 000 francs. La majeure partie de la somme provenait d’une subvention exceptionnelle du ministère des Finances, alors dirigé par Valéry Giscard d’Estaing. L’Adoration des bergers a été offerte au Louvre en 1988 par monsieur et madame Roberto Polo. La cession du Verrou au Louvre fit l’objet d’une importante affaire juridique lorsque les vendeurs précédents découvrirent la véritable identité de l’œuvre et demandèrent la nullité de la vente. Lorsque Heim acquit Le Verrou aux enchères, il était désigné comme  attribué à Fragonard  : un doute subsistait alors sur l’auteur du tableau. Louvre, les héritiers de Jean André Vincent, qui avait vendu le tableau à Heim, apprirent l’authenticité et demandèrent l’annulation de la vente aux enchères pour erreur sur une des qualités substantielles de la chose, la qualité en cause étant l’authenticité de l’œuvre. En effet, elle retint que la mention  attribué à Fragonard  laissait subsister un doute dans l’authenticité du tableau mais ne l’excluait pas.

Ce doute, cet aléa quant à l’authenticité, était connu tant par le vendeur que par l’acheteur lors de la vente : ni l’un ni l’autre n’avaient donc commis d’erreur, ils avaient bien acheté un tableau qu’ils savaient être peut-être de Fragonard. De cette jurisprudence la doctrine formula le principe selon lequel  L’aléa chasse l’erreur. Esquisse du Verrou vendue chez Christie’s le 17 décembre 1999. La femme, vêtue d’une robe de satin doré, semble vouloir s’extirper nonchalamment de l’étreinte de son amant.

Ce dernier pousse le loquet éponyme de la porte qui se ferme sur une pièce en grand désordre : le lit défait, une chaise renversée. Articles connexes : Jean Siméon Chardin, Antoine Watteau, François Boucher et Jean-Honoré Fragonard. C’est également le début d’un changement dans les mœurs qui deviennent plus libres. Parmi ces œuvres, deux écoles se distinguent.