Jeanne d’Arc et les héroïnes juives PDF

Le héros de ce poème souhaite rivaliser avec les guerriers illustres du passé et puise successivement aux trois sources des antiquités gréco-romaines, juives et chrétiennes pour choisir jeanne d’Arc et les héroïnes juives PDF modèles. Les trois héros païens, Hector, Alexandre et César, ont également en commun d’être au cœur d’une ou plusieurs légendes encore bien vivaces au Moyen Âge.


Panégyrique prononcé dans la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans, le 8 mai 1873.
« Ô Débora, ô Judith, ô Esther, ô mes sœurs, oui, vous êtes bien belles, mais Jeanne d’Arc est plus belle ! »

Ils illustrent trois des grands empires de l’Antiquité qui se sont succédé. Troie a cédé devant les Grecs comme la Grèce s’est inclinée devant Rome. Hector bénéficie de la popularité toujours intacte du mythe troyen perpétué par Benoît de Sainte-Maure dans son Histoire d’Aeneas et son Roman de Troie. Renaissance, dans la Franciade de Ronsard. Faits des Romains, mais la comparaison entre César et Alexandre est un thème fréquent chez les chroniqueurs, leurs exploits faisant partie de ce que Jean Bodel nomme la matière de Rome. Alexandre, lui, est pris comme exemple de la façon dont s’instrumentalise la volonté divine.

Josué apparaît dans le livre éponyme de l’ancien testament. Il succède à Moïse et se bat contre les infidèles. Quant à David, il était surtout célèbre pour sa victoire extraordinaire sur le Philistin Goliath. Devenu roi, il régna sur Jérusalem, ville sainte pour les croisés. Charlemagne est surtout connu à travers la Chanson de Roland, mais de nombreux poèmes, formant la matière de France, avaient entretenu la légende d’un défenseur de la chrétienté et d’un grand pourfendeur de maures. Le roi Arthur est au centre des récits qui forment la matière de Bretagne.

Le personnage le plus récent est celui de Godefroy de Bouillon, héros de la première croisade en 1099. Eustache Deschamps reprend le thème dans plusieurs poèmes et en donne une liste où figurent l’amazone Penthésilée, Tomyris, reine des Massagètes et Sémiramis. Dans les années 1460, Sébastien Mamerot compose une Histoire des Neuf Preus et des Neuf Preues pour le gouverneur du Dauphiné, Louis de Laval. Elles figurent aussi dans Le Jouvencel, récit à clef du siège d’Orléans par Jean V de Bueil qui combattit aux côtés de Jeanne d’Arc. La liste des Preuses varie d’un auteur à l’autre et ne suit pas toujours la division tripartite Païens, Juifs et Chrétiens. Le thème des Preux devient pour les poètes un moyen de faire leur cour à un noble protecteur ou d’exalter les prouesses d’un héros national. En 1393 Louis d’Orléans fait construire le château de Pierrefonds dont les neuf tours portaient chacune le nom d’un Preux.

Le thème se répand dans toute l’Europe. Preux, à l’exception de Judas Macchabée et de Charlemagne, sont représentés. Les arts décoratifs et la gravure s’emparent également du thème. Il s’agit d’un sujet chevaleresque, courtois, destiné aux mises en scènes de la noblesse, un thème aux antipodes de la culture du peuple. Néanmoins il est inévitablement détourné à des fins satiriques. La pièce de William Shakespeare, Peines d’amour perdues, met en scène une troupe de rustauds qui se ridiculisent en voulant présenter un défilé des Neuf Preux mis en scène par un pédant de village. Mais cette vulgarisation du thème annonce aussi le déclin du motif courtois.