Culture coloniale 1871-1931 : La France conquise par son Empire PDF

L’exposition coloniale internationale, avec culture coloniale 1871-1931 : La France conquise par son Empire PDF gauche, le pavillon de la Côte française des Somalis. Elle reçut huit millions de visiteurs, venus accomplir  le tour du monde en un jour  selon le slogan de l’époque, et fut en même temps l’occasion pour le parti communiste d’exprimer ses convictions anti-colonialistes.


En un peu plus d’un demi-siècle, des débuts de la IIIe République à l’exposition de Vincennes de 1931, la France a changé sa relation au monde. Bien davantage que des aventures lointaines, les conquêtes coloniales sont l’un des ciments de la société française. La culture coloniale n’est pas un simple énoncé propagandiste, une vulgate étatique, mais bien une imprégnation populaire qui n’a, en fin de compte, plus grand-chose à voir avec la colonisation proprement dite. Très vite, pour légitimer son oeuvre coloniale, la IIIe République va consciemment concevoir, organiser, exposer et relayer cette culture coloniale, curieux agrégat de savoirs scientifiques mal assis, de fascination exotique, d’orgueils nationaux et de calculs politiques éprouvés. L’oeuvre coloniale s’étend au cinéma, au théâtre, à la littérature, à l’école, à la chanson, à l’armée et aux divers supports publicitaires. La propagande conjuguée à la crainte d’un déclin de la France feront si bon ménage, que la quasi-totalité de la classe politique et des milieux économiques se retrouve sous la bannière de l’Empire lors de l’Exposition coloniale internationale de 1931, superproduction républicaine où le zoo devient humain. A l’issue de ce voyage dans notre mémoire coloniale, une évidence s’impose : avons-nous véritablement décolonisé, à l’heure du 80e anniversaire de la grande exposition de 1931, la société française et nos imaginaires ?

Le projet d’exposition existe dès 1913, impulsé notamment par la personnalité d’Henri Brunel, chef de file du  parti colonial . Dans son esprit, son intérêt est de montrer les bénéfices que présente la colonisation pour l’économie française. Ce n’est qu’en 1925, pour répondre à la British Empire Exhibition de 1924, que Paris est choisi pour accueillir l’événement. La concurrence entre les deux empires coloniaux fait que les Britanniques refusent de participer à celle de Paris. Jean Bouchaud qui y réalise une composition murale de 1 300 mètres carrés. Vue générale de l’avenue des Colonies. Pour l’Exposition, on construit à l’est de Paris dans le 12e arrondissement, autour du lac Daumesnil, dans le bois de Vincennes, un ensemble de monuments représentatifs des colonies.

Les Églises sont également représentées avec les pavillons des missions catholiques et protestantes. 30 bateaux pour les attractions nautiques. De nombreuses fêtes sont organisées tout au long de l’exposition, dont en particulier la  Fête du Tourisme colonial . Palais de l’Afrique-Occidentale française, siège du gouvernement général de l’AOF, construit en terre séchée, d’après la technique soudanaise.