Coloniser. Exterminer : Sur la guerre et l’État colonial (Documents) PDF

Cette idéologie peut amener à privilégier une catégorie donnée de personnes par rapport à d’autres. Le Petit Larousse définit le racisme, au sens large du terme, comme  une attitude d’hostilité répétée voire systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes . Les idéologies racistes ont servi de fondement à des doctrines politiques conduisant à pratiquer des coloniser. Exterminer : Sur la guerre et l’État colonial (Documents) PDF raciales, des ségrégations ethniques et à commettre des injustices et des violences pouvant aller, dans les cas extrêmes, jusqu’au génocide. Au cours de l’histoire, les définitions sociales de la  race  se sont souvent appuyées sur de présupposés caractères de nature biologique.


Quelles furent les spécificités des conflits coloniaux engagés par la France en Afrique du Nord et ailleurs ? Que nous apprennent les méthodes singulières – enfumades, massacres de prisonniers et de civils, razzias, destructions de cultures et de villages – couramment employées par les militaires français sur la nature de la guerre conduite pour pacifier l’ancienne Régence d’Alger ? Pourquoi de nombreuses mesures racistes et discriminatoires ont-elles été élaborées puis appliquées au cours de la conquête et de la colonisation de l’Algérie ? Comment furent-elles codifiées sous la Troisième République puis étendues aux nouveaux territoires de l’empire tels que l’Indochine, la Nouvelle-Calédonie et l’Afrique-Occidentale française ?

Telles sont quelques-unes des questions auxquelles cet ouvrage entend répondre. En effet, la conquête puis la colonisation difficiles et meurtrières de l’Algérie doivent être considérées comme une sorte de vaste laboratoire au sein duquel des concepts – ceux de «races inférieures», de «vie sans valeur» et d’«espace vital», promis à l’avenir et aux usages que l’on sait – furent forgés. De même, on découvre les origines de nouvelles techniques répressives – l’internement administratif et la responsabilité collective notamment – qui, avec le Code de l’indigénat adopté en 1881, firent de l’Etat colonial un état d’exception permanent. Plus tard, l’internement fut même importé en métropole pour s’appliquer, à la fin des années 1930, aux étrangers d’abord, aux communistes ensuite puis aux Juifs après l’arrivée de Pétain au pouvoir.

S’appuyant sur quantité de documents peu connus voire oubliés, sur la littérature aussi, cette étude originale et dédisciplinarisée éclaire d’un jour nouveau les particularités du dernier conflit qui s’est déroulé entre 1954 et 1962, mais aussi les violences extrêmes et les guerres totales qui ont ravagé le Vieux Continent au cours du XXe siècle.

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Essai sur l’inégalité des races humaines est un ouvrage du Français Joseph Arthur de Gobineau paru en 1853 et visant à établir l’existence de races et de différences les séparant. Le mécanisme perceptif du racisme peut être décomposé en plusieurs opérations logiques. Le racisme se fonde sur la focalisation du regard du raciste sur une différence, souvent anatomique. Le racisme associe des caractères physiques à des caractères moraux et culturels. Le raciste considère les propriétés attachées à un groupe comme permanentes et transmissibles, le plus souvent biologiquement. Le regard raciste est une activité de catégorisation et de clôture du groupe sur lui-même.

Races en Égypte antique d’après une peinture murale près de la tombe de Sethi : berbère, nubien, asiatique, égyptien. Le racisme s’accompagne souvent d’une péjoration des caractéristiques du groupe visé. Le discours raciste n’est toutefois pas nécessairement péjoratif. La phrase  Les Noirs courent vite  constitue ainsi un énoncé raciste malgré son apparence méliorative. Mais plus encore, au-delà du contenu — positif ou négatif — des stéréotypes racistes, l’activité de catégorisation, de totalisation et de limitation de l’individu à des propriétés préconçues n’est en soi pas une activité neutre du point de vue des valeurs. Dans cette perspective, voir et penser le monde social dans les catégories de la race relève déjà d’une attitude raciste. En effet, toutes les sociétés antiques et primitives sont, de notre point de vue contemporain, des sociétés racistes et xénophobes.

Les Anciens Grecs distinguent les peuples de l’Hellade, des autres peuples qu’ils appellent barbares. Parmi les peuples considérés comme étrangers, tous ne sont pourtant pas ennemis : les relations militaires, commerciales et diplomatiques instituaient des peuples amis, clients, alliés ou invités qui pouvaient alors être reconsidérés fictivement comme des peuples apparentés. Ainsi, les œuvres littéraires de Jules Verne abondent de formules stéréotypées comme  les Allemands, race industrieuse et organisée ,  les Français, race romantique et galante  ou  les Américains, race entreprenante et dynamique , jusque dans les conversations entre bons amis d’origines différentes, sans la moindre intention négative dans l’usage du mot. On note que celle-ci n’est pas nécessairement biologique, mais peut être la fiction résultant d’une adhésion ou d’une adoption, et d’apparentements de convenance.