Écrits sur l’aliénation et la liberté PDF

Le blog de l’amie scolaire : Questions de profs. Ce blog n’est pas un forum de débat entre partisans et adversaires de la pédagogie. Il veut être un lieu de réflexion et d’échanges pédagogiques destiné aux professionnels de l’école et à tous ceux qui s’interrogent, doutent, cherchent, souhaitent une aide à la recherche, à la pratique du métier, sans oublier les écrits sur l’aliénation et la liberté PDF, bien sûr. Surtout, quand on est chargé d’enseigner l’écriture, des mots comme ceux-là, ça vous libère aussi de la « rédac », cette chose mollasse, sans consistance, sans signification autre que scolaire, qui prétend être un entraînement à la production de textes et qui n’entraîne qu’à produire des erreurs d’orthographe comptabilisées dans des non-textes sans intérêt, inutiles et même dangereux, car ils trompent les enfants sur cette activité essentielle de la vie sociale, professionnelle et personnelle.


La parution de ces Écrits inédits constitue un véritable événement éditorial, par le nouveau regard qu’ils vont permettre de porter sur la pensée de Frantz Fanon (1925-1961), autant que par leur portée toujours actuelle, dans le champ psychiatrique comme dans le champ politique. Écrits psychiatriques et scientifiques, correspondance, deux pièces de théâtre : ces documents exceptionnels ont bénéficié du remarquable travail de deux grands spécialistes de l’œuvre, Jean Khalfa et Robert Young.

L’œuvre de Frantz Fanon, psychiatre et militant anticolonialiste prématurément disparu en 1961 à l’âge de trente-six ans, a marqué depuis lors des générations d’anticolonialistes, d’activistes des droits civiques et de spécialistes des études postcoloniales. Depuis la publication de ses livres (
Peau noire, masques blancs, 1952 ;
L’An V de la révolution algérienne, 1959 ;
Les Damnés de la terre, 1961), on savait que nombre de ses écrits restaient inédits ou inaccessibles. En particulier ses écrits psychiatriques, dont ceux consacrés à l' » aliénation colonialiste vue au travers des maladies mentales  » (selon les mots de son éditeur François Maspero).

Ce matériel constitue le cœur du présent volume, établi et présenté à la suite d’un patient travail de collecte et d’une longue recherche par Jean Khalfa et Robert JC Young. Le lecteur y trouvera les articles scientifiques publiés par Fanon, sa thèse de psychiatrie, ainsi que certains inédits et des textes publiés dans le journal intérieur de l’hôpital de Blida-Joinville où il a exercé de 1953 à 1956. On y trouvera également deux pièces de théâtre écrites durant ses études de médecine (
L’OEil se noie et
Les Mains parallèles), la correspondance qui a pu être retrouvée ainsi que certains textes publiés dans
El Moudjahid après 1958, non repris dans
Pour la révolution africaine (1964). Cet ensemble remarquable est complété par la correspondance qu’avaient échangée François Maspero et l’écrivain Giovanni Pirelli pour un projet de publication des œuvres complètes de Fanon, ainsi que par l’analyse raisonnée de la bibliothèque de ce dernier.

La parution de ces
Écrits sur l’aliénation et la liberté constitue un véritable événement éditorial, par le nouveau regard qu’ils permettent de porter sur la pensée de Fanon autant que par leur portée toujours actuelle, dans le champ psychiatrique comme dans le champ politique.

L’écriture, ce n’est pas ça du tout ! D’abord, elle est un outil de communication, et donc, le Petit Prince nous le rappelle, elle permet de créer des liens entre des êtres que séparent l’espace et le temps. Elle est ce qui la rétablit, là où la communication est coupée par les données de la vie. Et l’on comprend bien que pour apprendre à utiliser cet outil, il faut être en situation réelle : on n’apprend pas à manier un outil, le marteau ou la scie électrique, en faisant semblant, car alors, comme disait Jean Foucambert, on apprend à faire semblant. Condition évidemment remplie si l’on est en situation de projet, et si la communication en question en fait partie.

Mais l’on sait qu’en classe, de telles situations ne seront pas suffisamment nombreuses et variées pour que les enfants fassent connaissance avec tous les types de situations possibles. 1- la mention de celui avec qui on est censé communiquer : un ami, un personnage officiel, un organisme, l’ensemble des parents, le public etc. 5- S’ajoute aussi le fait que le texte à produire puisse être un extrait d’un type d’écrits à préciser : si l’on travaille sur la description, par exemple, on sait qu’aucun texte, jamais ne peut être que descriptif. Une description ne peut donc être qu’un extrait d’un type d’écrit donné, largement dépendant de l’écrit en question : le même paysage champêtre ne sera pas décrit de la même façon dans un roman d’amour et un polar, dans une brochure touristique et dans un manuel de géographie. La consigne doit donc les préciser, ou les donner à choisir. Et rien n’empêche, au contraire, de faire varier ces paramètres proposés d’un groupe d’écriture à un autre, si, comme c’est souhaitable à l’école primaire, les enfants écrivent en petits groupes solidaires.

Mais l’écriture a aussi un autre rôle — dont il est de bon ton de parler surtout dans les cercles intellos, où il tend à envahir tout le champ de l’écriture, la communication devenant subalterne et méprisable — mais un rôle que l’École ignore superbement, ce qui en fait un facteur de discrimination de plus. Celui de l’écriture d’expression, celle qui va jusqu’à la littérature. Celui que chante si bien Renaud, qui lui a permis de sortir de l’enfer où il s’était enfermé. On le sait tous — et Renaud plus que quiconque — la vie réserve à chacun de nous des drames souvent épouvantables, auxquels il est pour beaucoup d’entre nous affreusement difficile de survivre. Certes, écrire au sens le plus large de ce terme, celui de créer : musique, peinture, et tous les arts, l’essentiel étant d’agir pour produire. Mais l’écriture a, sur ses frères et sœurs en création, un plus incontestable : alors que la création artistique a pour effet de faire oublier la douleur, en la remplaçant par un autre réel, écrire ne la fait pas oublier, mais permet de s’en rendre maître par l’analyse, la transformation, la caricature ou la sublimation. En fait, beaucoup plus que la parole orale qui colle au locuteur et se dissout dans l’instant, l’écriture qui prolonge la parole dans le temps, la ramène à celui qui parle.

Elle a, du reste, par rapport à la communication orale, un pouvoir de maîtrise de celle-ci, en permettant de dire ce qui a du mal à se dire, ce que l’oral, dans sa nudité, déforme ou ne peut exprimer. Rappelons-le, le mot « expression » vient du latin exprimere : faire sortir en pressant . Or, la notion de presser est souvent oubliée dans les acceptions de ce verbe, volontiers pris dans le sens de dire ou faire ce qu’on veut . Même si elle a des liens avec elle, la spontanéité n’est pas l’expression.